D’aussi loin que j’en revienne, ce monde là était vert

D’aussi loin que j’en revienne, ce monde là était vert

D’aussi loin que j’en revienne, ce monde là était vert.
Je m’étais assise au bord de la rivière.
La pluie l’avait rendue forte et joueuse.
Elle sortait ses longs bras luisants pour tenter de me toucher.
Elle y parvenait souvent.
Je regardais la vie sur l’eau et la vie sous l’eau.
Les feuilles fauves au fond étincelaient d’un plus bel or.
J’ai laissé l’eau à ses ébats.
A quelques mètres de là, les hautes herbes.
Assise là, elles m’ont happée dans leur univers vert.
Les petits êtres s’agitaient, de soleil électrisés.
Ils avaient cette nouvelle montagne au goût étrange à explorer.
Bien après, les ombres ont fait leur cinéma muet.
La fin du jour était arrivée sur la pointe des pieds.
J’avais peut-être déjà des racines. Cet arrachement quand je me suis levée…
Des herbes avaient poussé dans ma tête.
Je n’entendais plus qu’elles.

Pour peu que je le comprenne,
c’était lui la tout la haut,
qui irriguait toutes les veines
par lesquelles vient ce sang si chaud

Pour peu qu’il te surprenne,
cachée parmi les roseaux,
auxquels tu parles en reine
il te contera l’avenir de ce temps si beau

De là-haut il a ouvert sa panse
nous offrant le bouquet vital
merci
et tant pis
aux esprits chagrins qui pensent
que l’eau aime corset et bocal
Tant que le vert revient aux joues végétales
les veines du vivant vibreront aussi intenses